Quand un impayé persiste, la mise en demeure permet au freelance de formaliser la situation et de débloquer un paiement sans aller en justice.

La mise en demeure est souvent mal comprise. Beaucoup de freelances l’associent directement à un conflit juridique lourd, voire à une procédure agressive. En réalité, c’est avant tout un outil juridique simple, cadré et très efficace, qui vise à rappeler à un client ses obligations contractuelles.
Concrètement, une lettre de mise en demeure est un courrier écrit par lequel un freelance demande officiellement à son client de respecter un engagement précis, le plus souvent payer une facture impayée, dans un délai donné. Ce courrier marque un tournant : on ne se situe plus dans la relance “commerciale”, mais dans une démarche formelle reconnue par le droit.
Pour un freelance, cette étape est essentielle car elle permet de :
- Matérialiser l’impayé et prouver que le client a été informé
- Fixer une date limite claire pour le paiement
- Préparer d’éventuelles suites juridiques, si le problème persiste
- Faire réagir un client négligent ou de mauvaise foi, sans passer immédiatement par un avocat
Dans de nombreux cas, l’envoi d’une mise en demeure suffit à débloquer la situation. Le client comprend que le freelance maîtrise ses droits et qu’il est prêt à aller plus loin si nécessaire.
Pour autant, l’enjeu n’est pas d’envoyer une mise en demeure trop tôt. Si elle arrive trop vite, elle peut détériorer la relation. Si elle arrive trop tard, le freelance perd un temps précieux. Tout l’art consiste donc à choisir le bon moment.
Il n’existe pas de délai unique applicable à tous les freelances. Le bon moment dépend du contexte, du contrat, et surtout du comportement du client. En revanche, il existe des repères clairs pour savoir quand franchir le cap.
La règle de base est simple : un impayé commence dès le lendemain de la date d’échéance mentionnée sur la facture. À partir de ce moment-là, le client est officiellement en retard de paiement.
En pratique, on ne parle pas immédiatement de mise en demeure. Il est courant de commencer par :
- une relance courtoise par email
- puis une seconde relance plus ferme quelques jours plus tard
Mais si aucune réponse ou aucun paiement n’intervient malgré ces rappels, la mise en demeure devient légitime.
Un freelance qui multiplie les relances sans réponse se place dans une position délicate. Plus le temps passe, plus le client s’habitue à ne pas payer. La mise en demeure sert précisément à rompre cette inertie.
Un bon indicateur est le suivant :
- 1 à 2 relances espacées → normal
- silence total ou promesses non tenues → alerte
- report répété sans justification claire → mise en demeure recommandée
À ce stade, continuer à relancer sans cadre formel affaiblit la position du freelance.
Certains clients utilisent des prétextes vagues pour retarder le paiement :
“Il reste quelques détails à ajuster”
“Le service compta est en retard”
“On en reparle le mois prochain”
Si le travail a été livré conformément au devis ou au contrat, ces arguments ne suspendent pas l’obligation de paiement. Une lettre de mise en demeure permet alors de rappeler les faits, les engagements contractuels et de fixer un délai clair.
La force d’une mise en demeure repose autant sur le fond juridique que sur la clarté du message. Inutile d’être agressif ou menaçant : un courrier précis, factuel et structuré est bien plus efficace.
Une lettre de mise en demeure doit contenir :
- l’identité complète du freelance et du client
- la référence au devis, contrat ou facture concernée
- le montant exact de l’impayé
- la date d’échéance initiale
- une demande explicite de paiement
- un délai précis accordé pour régulariser la situation
- la mention des suites possibles en cas de non-paiement
Ces éléments donnent à la mise en demeure sa valeur juridique. Sans eux, le courrier perd en crédibilité.
Contrairement à une idée reçue, une mise en demeure n’a pas besoin d’être hostile. Le ton recommandé est :
- professionnel
- ferme
- neutre et factuel
Il s’agit de montrer que le freelance connaît ses droits et qu’il agit de manière structurée. Cette posture rassure parfois même les clients sérieux, qui avaient simplement laissé traîner la situation.
D’un point de vue juridique, l’idéal reste l’envoi en lettre recommandée avec accusé de réception. Cela constitue une preuve incontestable de la démarche.
Cependant, de nombreux freelances combinent :
- un envoi recommandé
- et une copie par email pour accélérer la prise de connaissance
L’important est de pouvoir démontrer que le client a bien été mis en demeure.
Si le client ne réagit pas dans le délai indiqué, le freelance dispose alors de leviers supplémentaires. La mise en demeure marque une étape charnière.
Après une mise en demeure restée sans effet, le freelance peut envisager :
- une procédure de recouvrement amiable
- une injonction de payer
- ou une action judiciaire adaptée au montant en jeu
Mais dans la réalité, beaucoup de situations se règlent avant d’en arriver là. La mise en demeure agit comme un signal de sérieux.
Envoyer une mise en demeure est parfois vécu comme un échec. En réalité, c’est souvent le symptôme d’un problème plus en amont :
- absence d’acompte
- livraison avant paiement
- manque de moyens de pression après la livraison
C’est pour répondre à cette problématique que certains freelances utilisent des solutions préventives comme Braum. Cet outil permet de se protéger contre les impayés en ajoutant une simple ligne de script avant la livraison d’un site. En cas de non-paiement, le freelance peut verrouiller le site à distance, en un clic, depuis un tableau de bord, même après la livraison.
L’intérêt de ce type de solution est double :
- éviter d’avoir à envoyer une mise en demeure
- rééquilibrer immédiatement le rapport de force sans procédure lourde
Braum est compatible avec tous types de sites (WordPress, Webflow, code sur mesure), s’installe rapidement et reste totalement discret pour l’utilisateur final. Son objectif n’est pas de remplacer le droit, mais de redonner de la sérénité aux freelances et agences confrontés aux retards de paiement.
La mise en demeure est un outil clé pour tout freelance confronté à un impayé. Envoyée au bon moment, via une lettre de mise en demeure claire et structurée, elle permet souvent d’obtenir un paiement sans aller plus loin. Mieux encore, en anticipant les risques avec des pratiques et outils adaptés, les freelances peuvent limiter fortement ces situations et travailler avec davantage de tranquillité d’esprit.