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Freelance : quels recours avant d’aller en justice ?
January 24, 2026

Freelance : quels recours avant d’aller en justice ?

En cas d’impayé freelance, plusieurs recours existent avant la justice, notamment la mise en demeure et des actions amiables efficaces.

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Emma Perinet
Co-founder of Braum
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Comprendre l’impayé en freelance et ses enjeux

Un impayé est une situation fréquente dans la vie d’un freelance, qu’il soit développeur, designer, intégrateur ou consultant. Il peut s’agir d’un simple oubli, d’un problème administratif ou, plus rarement, d’une mauvaise foi assumée. Quelle qu’en soit la cause, un impayé n’est jamais anodin. Il affecte directement la trésorerie, la sérénité et parfois la relation client.

Pour beaucoup de freelances, le premier réflexe est l’attente. On se dit que le paiement va arriver, que le client est débordé, ou que relancer pourrait détériorer la relation. Pourtant, plus le temps passe, plus la situation se complique. Les statistiques montrent que les chances de recouvrement diminuent fortement après quelques semaines sans action.

Avant d’envisager un recours judiciaire, long, coûteux et chronophage, il est essentiel de connaître les leviers à activer en amont. Le droit français offre plusieurs solutions intermédiaires permettant de défendre ses intérêts sans passer immédiatement par un tribunal.

Ces recours reposent sur trois piliers : la preuve, la communication et la progressivité des actions. L’objectif n’est pas de “punir” le client, mais d’obtenir un règlement rapide tout en restant dans un cadre légal et professionnel.

La relance amiable : un premier recours souvent sous-estimé

La relance amiable est le premier recours à activer en cas d’impayé freelance. Elle est souvent suffisante pour débloquer la situation, à condition d’être bien menée.

Une relance efficace repose sur le bon timing. Idéalement, elle intervient dès le premier jour de retard, ou au plus tard quelques jours après la date d’échéance indiquée sur la facture. Plus la relance est rapide, plus elle paraît légitime et professionnelle.

Le ton doit rester courtois et factuel. Il ne s’agit pas d’accuser, mais de rappeler l’existence de la facture, son montant et sa date d’échéance. Dans de nombreux cas, le client n’a tout simplement pas vu passer la facture ou attend une validation interne.

Il est recommandé de privilégier l’écrit, par email, afin de conserver une trace. Un appel téléphonique peut compléter la démarche, mais ne doit jamais remplacer une preuve écrite.

La relance peut être répétée plusieurs fois, avec une montée progressive en fermeté. Une première relance douce, suivie d’une seconde plus structurée, puis d’un dernier rappel avant mise en demeure. Cette gradation montre votre sérieux et prépare le terrain pour la suite.

À ce stade, le recours reste totalement amiable et n’a aucune valeur juridique contraignante. Toutefois, il constitue une étape indispensable avant toute action plus formelle.

La mise en demeure : un recours juridique avant le tribunal

Lorsque les relances amiables restent sans effet, la mise en demeure devient un recours central en cas d’impayé freelance. Elle marque une rupture claire dans la démarche et change souvent le rapport de force.

La mise en demeure est un courrier formel par lequel vous exigez le paiement de la somme due dans un délai précis. Elle doit contenir plusieurs éléments obligatoires : l’identité des parties, le montant de la créance, la référence de la facture, la date d’échéance initiale et un délai supplémentaire accordé pour payer.

Contrairement à une relance classique, la mise en demeure a une valeur juridique. Elle prouve que le débiteur a été officiellement informé de son obligation de payer. En cas de procédure ultérieure, elle constitue une pièce essentielle du dossier.

Pour être pleinement efficace, la mise en demeure doit être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception. Cela permet de prouver la date de réception et d’éviter toute contestation.

Dans la majorité des cas, la réception d’une mise en demeure déclenche un paiement rapide. Le client comprend que la situation est sérieuse et que vous êtes prêt à aller plus loin si nécessaire.

Il est important de noter que la mise en demeure ne signifie pas forcément la fin de la relation. Elle peut au contraire permettre de repartir sur des bases claires, à condition que le paiement intervienne rapidement.

Suspendre ou limiter la prestation : un recours stratégique

Avant d’aller en justice, certains freelances peuvent utiliser un recours opérationnel : la suspension de la prestation ou de la livraison finale. Cette option doit cependant être maniée avec prudence.

Si le contrat ou les conditions générales le prévoient, il est possible de suspendre l’exécution des services tant que le paiement n’a pas été effectué. Cela peut concerner la maintenance d’un site, l’accès à certaines fonctionnalités ou la livraison des éléments finaux.

Dans le domaine du web, cette stratégie est particulièrement pertinente. Tant que le site n’est pas livré officiellement, le freelance conserve un levier important. Toutefois, il est impératif d’agir dans un cadre légal et proportionné.

C’est dans ce contexte que des solutions comme Braum prennent tout leur sens. Braum est un outil de protection pensé pour les freelances et agences web qui souhaitent se prémunir contre les impayés et les retards de paiement. Son principe est simple : une ligne de script ajoutée avant la livraison permet, si nécessaire, de verrouiller le site à distance depuis un tableau de bord.

Cette approche présente plusieurs avantages. Elle est discrète, légale et compatible avec tous types de sites, qu’ils soient réalisés sur WordPress, Webflow ou en code sur mesure. En cas d’impayé, le freelance dispose d’un recours immédiat, sans confrontation directe et sans procédure judiciaire.

L’objectif n’est pas de bloquer systématiquement un site, mais de disposer d’un filet de sécurité. Cette tranquillité d’esprit change profondément la manière d’aborder les relations clients et réduit considérablement le stress lié aux impayés.

Le recours à un tiers : médiation et recouvrement

Si la mise en demeure reste sans réponse, un autre recours consiste à faire intervenir un tiers. Cette étape permet souvent de débloquer la situation sans passer par la justice.

La médiation est une solution encore peu utilisée par les freelances, mais particulièrement efficace. Elle repose sur l’intervention d’un médiateur neutre, dont le rôle est de faciliter le dialogue et de trouver un accord amiable. La médiation est rapide, confidentielle et bien moins coûteuse qu’une procédure judiciaire.

Une autre option est le recours à une société de recouvrement. Ces structures se chargent de relancer le client en votre nom, en utilisant des méthodes encadrées par la loi. Leur simple intervention peut suffire à inciter le débiteur à régler la facture.

Il est toutefois important de bien choisir son prestataire et de comprendre son mode de rémunération. Certaines sociétés fonctionnent à la commission, d’autres facturent des frais fixes. Dans tous les cas, le recours à un tiers doit rester proportionné au montant de la créance.

Cette étape intermédiaire permet de montrer au client que vous êtes déterminé, tout en évitant l’escalade judiciaire.

Quand envisager la justice et comment s’y préparer

Aller en justice doit toujours être le dernier recours pour un freelance confronté à un impayé. Les procédures peuvent être longues, coûteuses et énergivores, surtout pour des montants modestes.

Avant d’en arriver là, il est essentiel d’avoir constitué un dossier solide. Cela inclut le contrat ou devis signé, les factures, les échanges écrits, les relances et la mise en demeure. Plus votre dossier est clair, plus vos chances de succès sont élevées.

Selon le montant de la créance, différentes procédures existent, comme l’injonction de payer. Cette démarche est relativement simple et ne nécessite pas forcément l’intervention d’un avocat. Elle permet d’obtenir une décision de justice rapide si le dossier est bien construit.

Cependant, même lorsque la justice donne raison au freelance, le recouvrement effectif peut prendre du temps. C’est pourquoi il est toujours préférable d’agir en amont, en sécurisant ses prestations et en utilisant les recours disponibles avant d’atteindre ce stade.

Conclusion

Face à un impayé freelance, les recours sont nombreux avant d’aller en justice. Relances amiables, mise en demeure, suspension de prestation ou outils de protection comme Braum permettent souvent de résoudre la situation sans procédure lourde. Anticiper ces situations et structurer ses actions est la meilleure manière de protéger son activité, sa trésorerie et sa sérénité.

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