Un devis signé engage le client. Pourtant, de nombreux freelances font face à un impayé malgré un accord formel.

Un devis signé n’est pas un simple document commercial. En droit français, il a une valeur contractuelle équivalente à un contrat, dès lors qu’il comporte certaines mentions essentielles et qu’il est accepté sans réserve par le client.
Lorsqu’un devis est signé avec la mention « bon pour accord », il engage les deux parties :
- le freelance s’engage à réaliser la prestation décrite,
- le client s’engage à payer le montant indiqué.
En cas d’impayé, le devis signé constitue donc une preuve solide de l’existence d’un accord. Il permet de démontrer que la prestation a été commandée, à un prix déterminé, selon des conditions précises.
Pour être juridiquement exploitable, un devis doit inclure :
- l’identité complète du freelance et du client,
- la description précise de la prestation,
- le prix total HT et TTC,
- les délais de réalisation,
- les conditions de paiement,
- la date et la signature du client.
Si ces éléments sont présents, le devis signé suffit à justifier une créance. Le client ne peut pas prétendre qu’il n’était pas engagé, même en l’absence de contrat plus formel.
Devis signé ≠ paiement garanti
Malgré cette valeur juridique, un devis signé ne protège pas automatiquement contre les retards de paiement ou les clients de mauvaise foi. En pratique, beaucoup de freelances découvrent qu’avoir raison sur le papier ne signifie pas être payé rapidement.
C’est à partir de ce moment que se pose la question des recours concrets, avant d’envisager des démarches lourdes ou coûteuses.
Avant de parler de procédures juridiques, il est essentiel de respecter certaines étapes simples mais stratégiques. Beaucoup d’impayés se règlent (ou se bloquent) dès les premiers échanges.
Un retard de paiement n’est pas toujours synonyme de mauvaise intention. Il peut s’agir :
- d’un oubli,
- d’un problème de trésorerie temporaire,
- d’un circuit de validation interne trop long.
Avant toute action, vérifie :
- la date d’échéance indiquée sur la facture,
- les conditions de paiement prévues sur le devis,
- si la facture a bien été reçue et validée.
Agir trop tôt ou de manière agressive peut parfois compliquer la situation.
La relance est une étape incontournable. Elle doit être :
- claire,
- factuelle,
- traçable.
Commence par une relance courtoise par email, rappelant :
- la référence du devis signé,
- la facture concernée,
- la date d’échéance dépassée,
- le montant dû.
Si aucune réponse n’est obtenue, une seconde relance plus ferme peut être envoyée quelques jours plus tard, en évoquant les conséquences possibles d’un non-paiement (sans menacer à ce stade).
Si la mission n’est pas totalement terminée, le freelance a le droit de suspendre la prestation tant que le paiement n’est pas effectué, à condition que cette possibilité soit prévue contractuellement ou qu’elle soit proportionnée à la situation.
C’est une décision délicate, mais continuer à travailler sans être payé augmente mécaniquement le risque financier.
Dans ce contexte, certains freelances choisissent de sécuriser techniquement leurs livrables. Des solutions comme Braum permettent par exemple de garder le contrôle d’un site livré, grâce à un verrouillage à distance activable en un clic, sans conflit ni intervention lourde.
Lorsque les relances restent sans effet, la mise en demeure de payer devient une étape incontournable. Elle marque un tournant plus formel dans la relation.
La mise en demeure est un courrier (souvent recommandé avec accusé de réception) par lequel le freelance :
- constate officiellement le retard de paiement,
- exige le règlement de la somme due,
- fixe un délai précis pour payer.
Elle a une forte valeur juridique et montre que le créancier agit de manière structurée et sérieuse.
Une mise en demeure doit mentionner :
- l’identité des deux parties,
- la référence au devis signé,
- le montant exact de l’impayé,
- la date d’échéance initiale,
- le délai accordé pour régulariser (souvent 8 à 15 jours),
- la mention d’éventuelles suites juridiques.
Dans de nombreux cas, cette étape suffit à débloquer la situation. Le client comprend que le freelance est prêt à aller plus loin.
Beaucoup de clients jouent sur l’inertie ou la peur du conflit. Le passage à une démarche écrite, formelle et cadrée change la dynamique :
- le freelance reprend une position d’autorité,
- le client mesure le risque réel.
C’est souvent à ce moment-là que le paiement intervient.
Si malgré un devis signé et une mise en demeure, le client refuse toujours de payer, plusieurs recours juridiques existent. Ils varient selon le montant de la créance et la stratégie choisie.
L’injonction de payer est une procédure simple, rapide et peu coûteuse. Elle permet de demander au tribunal d’ordonner au client de régler sa dette.
Avantages :
- procédure écrite,
- pas d’audience dans un premier temps,
- coût limité.
Le devis signé et la facture impayée suffisent généralement comme preuves.
Si le juge valide la demande, une ordonnance est rendue. Le client dispose alors d’un délai pour contester. Sans contestation, la décision devient exécutoire.
Pour des montants plus importants ou en cas de contestation, une action judiciaire classique peut être envisagée. Elle est plus longue, plus coûteuse et souvent disproportionnée pour des petites missions freelance.
C’est pourquoi beaucoup de freelances hésitent à aller jusque-là, même lorsqu’ils sont dans leur bon droit.
Il est aussi possible de faire appel à une société de recouvrement. Certaines interviennent à l’amiable, d’autres engagent des procédures plus contraignantes.
Attention toutefois :
- aux frais prélevés,
- à l’image renvoyée au client,
- à l’efficacité réelle selon les cas.
Même si les recours existent, le meilleur impayé reste celui qui n’arrive jamais. Avec l’expérience, beaucoup de freelances mettent en place des garde-fous simples mais efficaces.
Un acompte (30 %, 40 % ou 50 %) permet :
- de filtrer les clients peu fiables,
- de sécuriser une partie du chiffre d’affaires,
- de rééquilibrer la relation.
Un client qui refuse tout acompte est souvent un signal d’alerte.
Livrer un site, un accès ou un livrable final sans paiement, c’est perdre son principal levier de négociation. Une fois le projet en ligne ou utilisé, le client n’a plus d’urgence à payer.
Des outils comme Braum s’inscrivent dans cette logique de prévention : une simple ligne de script permet de conserver un contrôle discret sur le site, même après la livraison, sans nuire à l’expérience utilisateur.
Les conditions de paiement doivent être :
- visibles,
- compréhensibles,
- assumées.
Délais, pénalités de retard, suspension de service : tout doit être écrit noir sur blanc dans le devis signé.
Un devis signé donne de vrais recours en cas d’impayé, mais l’anticipation reste la meilleure protection pour tout freelance.