Calculer son TJM de freelance développeur est une étape clé pour vivre correctement de son activité sans sous-facturer.

Le TJM, ou taux journalier moyen, est bien plus qu’un simple chiffre. Pour un freelance développeur ou intégrateur, il représente l’équilibre entre rentabilité, attractivité commerciale et pérennité de l’activité. Pourtant, beaucoup de freelances débutants — et même expérimentés — fixent leur TJM “au feeling”, en se basant sur les tarifs d’autres freelances ou sur les attentes supposées des clients.
Le problème est que cette approche mène très souvent à une sous-évaluation du travail réel. En tant que freelance, vous ne vendez pas seulement du temps de production. Vous assumez aussi des charges, des périodes sans mission, des risques financiers, et une responsabilité complète sur les livrables.
Un mauvais calcul du TJM peut avoir des conséquences importantes :
- difficulté à couvrir ses charges fixes,
- stress financier permanent,
- impossibilité d’investir dans de bons outils,
- dépendance à des clients peu qualitatifs,
- exposition accrue aux impayés.
Pour les développeurs et intégrateurs web, cette question est d’autant plus stratégique que les projets sont souvent longs, techniques, et livrés avant paiement intégral. Fixer un TJM juste permet non seulement de mieux négocier, mais aussi de se positionner comme un professionnel crédible.
Le calcul du TJM freelance peut sembler complexe, mais il repose en réalité sur une logique très simple. L’objectif est de partir de votre revenu annuel souhaité, puis de le ramener à un tarif journalier réaliste.
Étape 1 : définir son revenu annuel net cible
Commencez par répondre à une question simple :
combien voulez-vous gagner par an, net, en tant que freelance développeur ou intégrateur ?
Prenons un exemple concret :
Vous souhaitez gagner 45 000 € net par an.
Ce chiffre doit refléter votre niveau de vie souhaité, votre expérience, et vos objectifs personnels. Beaucoup de freelances font l’erreur de viser un revenu équivalent à leur ancien salaire salarié, sans prendre en compte les différences fondamentales entre les deux statuts.
Étape 2 : ajouter les charges et frais professionnels
Un freelance ne touche jamais 100 % de ce qu’il facture. Il faut donc intégrer :
- les cotisations sociales,
- l’impôt sur le revenu,
- les frais professionnels (logiciels, hébergement, assurances, comptable, matériel, etc.).
Selon votre statut, ces charges peuvent représenter 40 à 55 % de votre chiffre d’affaires. Pour simplifier, prenons une moyenne raisonnable.
Exemple :
Pour obtenir 45 000 € net, vous devez générer environ 75 000 € de chiffre d’affaires annuel.
Étape 3 : estimer le nombre de jours facturables
C’est ici que beaucoup de freelances se trompent. Une année ne compte pas 220 jours facturables.
En réalité, il faut retirer :
- les week-ends,
- les congés,
- les jours non facturés (prospection, administratif, formation, avant-vente),
- les périodes creuses.
En moyenne, un freelance facture entre 140 et 180 jours par an.
Prenons une base réaliste : 160 jours facturés.
Étape 4 : calcul final du TJM
La formule est simple :
TJM = chiffre d’affaires annuel / nombre de jours facturés
Dans notre exemple :
75 000 € / 160 jours = 468 € de TJM
Vous obtenez ainsi un TJM cohérent, basé sur des données concrètes et non sur une estimation au hasard.
Le calcul du TJM donne une base, mais il doit ensuite être ajusté selon votre réalité professionnelle.
Niveau d’expertise et spécialisation
Un développeur freelance très spécialisé (performance web, accessibilité, sécurité, frameworks spécifiques) pourra légitimement pratiquer un TJM plus élevé qu’un profil généraliste. Il en va de même pour les intégrateurs capables de gérer des projets complexes ou de travailler avec des outils avancés.
Plus votre expertise est rare, plus votre TJM peut augmenter.
Type de clients et projets
Un TJM n’est jamais universel. Il varie selon :
- le type de client (startup, PME, grand compte),
- la durée de la mission,
- le niveau de responsabilité,
- le contexte d’urgence ou de criticité.
Un projet court, risqué ou très engageant mérite souvent un TJM plus élevé qu’une mission longue et stable.
Positionnement géographique et marché cible
Le marché français présente de fortes disparités. Un freelance travaillant majoritairement avec des clients parisiens ou internationaux pourra viser un TJM plus élevé qu’un freelance positionné sur un marché local.
Cependant, attention à ne pas brader votre TJM sous prétexte de localisation. La valeur de votre travail reste la même.
Même avec une méthode simple, certaines erreurs reviennent très souvent.
Sous-estimer les jours non facturés
Beaucoup de freelances surestiment leur capacité à facturer en continu. Or, la prospection, la gestion administrative et les imprévus font partie intégrante du métier.
Ignorer ces temps non facturés revient à travailler gratuitement.
Copier le TJM d’autres freelances
Comparer peut être utile, mais copier un TJM sans connaître la situation réelle de l’autre freelance est dangereux. Chacun a des charges, des objectifs et un contexte différents.
Votre TJM doit être personnel et assumé.
Oublier le risque d’impayé
Le calcul du TJM ne doit pas ignorer la réalité du terrain. Les retards de paiement et les impayés font malheureusement partie du quotidien de nombreux freelances développeurs et intégrateurs.
Un TJM trop bas laisse très peu de marge pour absorber ce type de risque.
C’est précisément pour répondre à cette problématique que des solutions comme Braum existent. Braum est un outil pensé pour les freelances et agences web qui souhaitent se protéger contre les impayés et les retards de paiement. Son principe est simple : une ligne de script ajoutée avant la livraison permet, si nécessaire, de verrouiller un site à distance depuis un tableau de bord. La solution est discrète, légale, compatible avec tous types de sites (WordPress, Webflow, code sur mesure) et permet de préserver sa tranquillité d’esprit sans entrer immédiatement dans un conflit juridique.
Votre TJM n’est pas figé. Il doit évoluer avec votre activité.
Augmenter son TJM progressivement
Une augmentation régulière et maîtrisée est saine. Elle peut être liée :
- à votre montée en compétences,
- à votre notoriété,
- à une meilleure sélection de clients,
- à une demande plus forte pour vos services.
Beaucoup de freelances n’osent pas augmenter leur TJM, alors que leurs clients acceptent souvent cette évolution sans difficulté.
Adapter son TJM selon les missions
Il est tout à fait normal d’avoir plusieurs niveaux de TJM. Un projet très intéressant stratégiquement peut justifier un TJM légèrement inférieur, tandis qu’un projet contraignant ou risqué mérite une tarification plus élevée.
L’important est de rester cohérent et conscient de vos choix.
Le calcul du TJM de freelance développeur ou intégrateur repose sur une méthode simple, rationnelle et personnalisée. En partant de votre revenu cible, en intégrant vos charges et en tenant compte du nombre réel de jours facturables, vous obtenez un TJM juste et défendable.<br><br>Un TJM bien calculé vous permet de travailler sereinement, de choisir vos projets et de mieux vous protéger face aux aléas du freelancing, notamment les retards de paiement et les impayés. En combinant une tarification saine avec des outils adaptés comme Braum, vous posez des bases solides pour une activité freelance durable et maîtrisée.